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Enko-Pignot-Nkontchou
Date: 28/06/2018

 

Les deux co-fondateurs du réseau Enko Education, Cyrille Nkontchou et Eric Pignot, ont rencontré plusieurs investisseurs d’I&P à l’occasion d’un petit-déjeuner organisé dans les locaux d’Investisseurs & Partenaires à Paris. L’occasion d’échanger sur le modèle d’Enko et plus largement sur les enjeux de l’éducation en Afrique, un secteur prioritaire pour I&P.

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Un marché universitaire africain en ébullition 

Des offres éducatives de qualité émergent sur le marché africain, par exemple au Maroc ou en Afrique du Sud, mais aussi au Rwanda ou au Ghana.

Nous assistons à une véritable globalisation du marché de l’éducation : de plus en plus de mobilités des élèves et étudiants, augmentation des partenariats entre universités internationales.

Cela est particulièrement vrai dans le contexte africain : 6% des élèves du secondaire en Afrique partent à l’étranger pour étudier (jusqu’à 10% au Cameroun). C’est trois fois plus que la moyenne mondiale.

Cela étant dit, Les élèves africains sont toujours sous-représentés dans les grandes universités internationales : seuls 30 000 étudiants du continent africain étudient aux Etats-Unis (sur 1 million d’étudiants étrangers au total dont 300 000 chinois).

 

Les enjeux diagnostiqués par Enko Education

Les fondateurs d’Enko ont constaté que le point de blocage pour accéder aux universités internationales se fait notamment au niveau du primaire et du secondaire.

Le continent est confronté à trois problématiques principales :

  • Manque de standardisation entre les 54 pays africains en termes de curriculum et de diplômes, ce qui représente un obstacle pour les élèves souhaitant rejoindre une université internationale
  • Information Gap : manque de support et peu d’anciens élèves pour préparer les dossiers d’admission
  • Ecoles internationales actuellement présentes en Afrique sont quasiment exclusivement des écoles diplomatiques conçues pour les expatriés (les contenus ne pas nécessairement adaptés et le coût est généralement élevé)

 

Petit-Déjeuner en présence de l'équipe d'Enko Education à droite (Eric Pignot, Xavier Lamarre et Cyrille Nkontchou) et plusieurs investisseurs d'I&P

 

Quelques remarques sur le contexte africain :

  • Les Etats peuvent difficilement suivre en termes de budget, compte tenu de la forte croissance démographique : le secteur privé est obligé de prendre le relais.
  • Aujourd’hui, 15% de l’enseignement primaire/secondaire est assuré par le privé, une trajectoire à la hausse pour beaucoup de pays.
  • On constate cependant une très forte diversité des situations des 54 pays africains quant au développement du secteur privé. Parmi les éléments qui expliquent le développement plus ou moins marqué du secteur privé : la corrélation avec le PNB/habitant (ex : Gabon, Guinée équatoriale), l’héritage historique colonial (force du privé dans les sytemes anglo saxons, rattrapage actuel sur la zone francophone), l’offre des structures confessionnelles, la culture de l’éducation au sein des familles
  • Il y a beaucoup de choses à apprendre d’initiatives engagées en Inde (50% des élèves dans le privé).
  • Initiative en réflexion : un baccalauréat commun pour toute la zone francophone de l’Afrique de l’ouest (ou en tout cas une reconnaissance à travers les différents pays francophones)

 

Le modèle d’Enko Education

Le besoin éducatif identifié par Enko Education est donc le suivant: développer des écoles internationales africaines préparant à l’admission dans des universités internationales.

Enko démarre ses activités en 2014 à Yaoundé, avec une promotion de quatre étudiants. En 2016, le réseau réalise sa première levée de fonds institutionnelle avec  l’arrivée au capital d’I&P et de Proparco, qui permet d’accélérer le lancement de nouvelles écoles.

Aujourd’hui Enko compte 12 écoles dans 7 pays et plus de 1300 élèves. Le groupe compte 230 employés, dont une grande majorité d’enseignants.

 

Stratégie : une offre éducative fondée la préparation au Baccalauréat International (IB).

La stratégie d’expansion panafricaine est au cœur de la mission d’Enko Education. L’objectif est de développer le réseau dans 2 à 3 nouveaux par an, tout en consolidant le réseau existant.

En étant présent dans plusieurs pays d’Afrique, cela permet non seulement à Enko de diversifier les risques mais également d’assurer la répartition du rythme de travail entre les rentrées scolaires en septembre (Afrique de l’Ouest et Afrique Centrale) et en janvier (Afrique Australe).

Les programmes sont dispensés en français et en anglais (et parfois exclusivement en anglais pour certains pays, comme le Cameroun).

 

Les enseignants, recrutés localement, sont très compétents dans leurs domaines mais ont souvent besoin de formation en termes de pédagogie et/ou de maitrise du programme IB. Chaque enseignant reçoit une centaine d’heures de formation par an.

Les écoles du réseau Enko Education ciblent en priorité les classes moyennes intermédiaires et supérieures, tout en offrant un ambitieux système de bourse. Enko compte 10 à 20% de boursiers par établissement, attribuées sous conditions de mérite et de ressources. Les bourses sont financées sur les fonds propres d’Enko Education, avec la volonté de structurer un véhicule pour recevoir les fondations et pérenniser le mécanisme

 

Sensibiliser les jeunes à un retour en Afrique

Beaucoup d’élèves se destinent à des grandes universités étrangères (US/Europe), mais la sensibilisation est ancrée dans le modèle d’Enko pour inciter les futurs diplômés à revenir dans leurs pays d’origine. Enko compte notamment utiliser les réseaux alumni et boursiers pour que les jeunes s’engagent d’une manière ou d’une autre à contribuer en retour au développement de leur pays.

 

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