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Date: 03/10/2016
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Les dernières prévisions de la Banque Mondiale et le Fonds Monétaire International révèlent une période de ralentissement significative à l'échelle du continent africain. La progression des économies africaines est ainsi ramenée à 1,6% pour l’année 2016, son plus bas niveau depuis 20 ans. Un chiffre qui ne doit cependant pas masquer les disparités considérables entre les pays, touchés de façon très différenciée par le ralentissement de la croissance.

Lire l'article de Jeune Afrique sur le nouveau rapport de la Banque Mondiale

Découvrir le nouveau rapport McKinsey "Lions on the Move II: Realizing the Potential of Africa's Economies"

 

 

Un croissance ralentie à l’échelle du continent

Le dernier rapport de la Banque Mondiale prédit sur une croissance des économies africaines de l’ordre de +1,6 %, comme l’avait prédit le FMI en mi-juillet. En juin, la Banque mondiale tablait sur une croissance moyenne de +2,5% en Afrique subsaharienne en 2016 contre +4,2% espérés en janvier. Ainsi l’Afrique connait cette année son plus bas niveau de croissance depuis 20 ans. Ce taux de croissance est la résultante de plusieurs facteurs. La baisse du prix du baril de pétrole est l’une des causes principales de ce ralentissement, réduisant de fait le budget des Etats exportateurs comme le Nigéria . S’y ajoute un contexte sécuritaire délicat lié au risque terroriste et à l’instabilité politique, surtout en Afrique de l’Ouest.

 

Mais de grandes disparités entre les économies africaines

Toutefois, comme le souligne à juste titre la Banque Mondiale et le rapport Mc Kinsey, ‘’Lions on the Move II’’, les perspectives de croissance sont à analyser pays par pays tant les situations sont devenues divergentes.  Ainsi, alors que la croissance s'est effondrée dans de nombreux pays, l'Éthiopie, le Rwanda et la Tanzanie affichent toujours en moyenne des taux annuels supérieurs à 6 %. Des pays tels que la Côte d'Ivoire et le Sénégal figurent parmi les économies les plus performantes du continent

Selon le rapport McKinsey, la croissance des pays africains  sur la période 2010-2015 s’est établie à 4,4% si on exclut les pays touchés par le printemps arabe ou le risque terroriste. En 2025 le cumul des consommations des foyers et des entreprises atteidra 5 600 milliards de dollars, ce qui ouvrent de grandes opportunités d’investissement. A cela s’ajoute le développement fulgurant des entreprises dont le chiffre d’affaires va dépasser les 500 millions dans les années à venir, et les infrastructures qui prennent une grande partie des investissements étatiques en Afrique. C’est donc des indicateurs de dynamisme qui donnent un regard nouveau et optimiste envers le continent.

Parmi les défis auxquels sont confrontés les Etats africains, le rapport Mc Kinsey appelle notamment les pouvoirs publics à renforcer leur capaciter à lever les impots (surtout en Afrique du Sud, Nigéria, Algérie, Maroc, Kenya); développer les ressources d’épargne et d’investissement à travers les assurances-vie et les fonds de pension. McKinsey invite enfin les executifs à aller plus loin dans la diversification de leurs économies et dans le renforcement des infrastructures(80 milliards de dollars par an qui devraient etre doublés).

 

Pour aller plus loin

• McKinsey, "Lions on the Move II: Realizing the Potential of Africa's Economies"

• World Bank, "Africa Pulse, No. 14, October 2016"

• I&P, "Sub-Saharan Economic Development and Outlook"